L’avis Des Experts sur L’avenir du Secteur De Crédit « Post – Covid-19 »

Alors que Skype et Zoom deviennent notre nouvelle normalité, nous avons eu le plaisir d’interviewer deux titans de notre secteur ; Paul Randall – Directeur des Marchés Internationaux chez Creditinfo Group, et Oscar Madeddu, Conseiller Senior à IFC, Banque Mondiale. Avec une nouvelle réalité qui s’impose, nous avons ressenti la nécessité de demander aux experts de notre industrie à quoi pourrait ressembler l’avenir du secteur dans une société post-COVID. Nous leur avons demandé de partager des idées sur l’impact de la crise sur nos économies, le crédit, les rapports de solvabilité et ce que les autorités et les régulateurs font et devraient faire pour protéger les consommateurs et les prêteurs sans mettre en danger l’intégrité et l’utilité des bases de données et des bureaux d’information sur le crédit.

Paul : La Covid19 n’a pas seulement été une crise sanitaire, mais a également perturbé les marchés financiers comme aucune autre crise auparavant. Si nous regardons son impact économique, on voit que par rapport aux deux précédentes grandes crises historiques de 1930 et 2008, il y a eu un double choc économique : de l’offre et de la demande. Cela s’ajoute à l’incertitude et au manque de visibilité dus à la nature ouverte de la pandémie, aux baisses massives du PIB, à la chute des prix du pétrole, au repositionnement des chaînes d’approvisionnement mondiales affectant les marchés émergents et à une diminution inévitable des transferts d’argent. Cette combinaison affectera de manière disproportionnée tous les marchés mais surtout les pays en développement. Quelles sont les réponses qui ont été mises en place ? Le Groupe de la Banque mondiale s’est-il engagé ? Comment ?  Et quelles sont les prévisions ?

Oscar : Vous avez tout à fait raison. La pandémie a plongé les pays développés et ceux en voie de développement dans une crise d’une gravité inédite. Le paradoxe est que plus on fait des efforts pour résoudre l’urgence sanitaire, plus le problème économique devient profond, et les mesures pour contenir la pandémie contribuent à une forte baisse de l’économie (voir ci-dessous).

La SFI (IFC) a collecté des données au cours des derniers mois qui montrent à quel point la crise économique a frappé des économies déjà fragiles. Nous les avons observés pendant les deux premiers mois de confinement général :

  • Une forte vente d’obligations d’État,
  • Une dépréciation moyenne des devises de 20% par rapport à l’USD,
  • Une dégradation généralisée de la dette souveraine et des entreprises par les grandes agences de notation,
  • Un retard croissant et généralisé dans le remboursement des dettes souveraines,
  • Une future baisse significative des investissements directs étrangers peut être prévue.

Dans les régions où je travaille, (MENA / ASS) nous enregistrons, malheureusement plus qu’un double choc, je dirais que c’est plutôt une « accumulation de chocs », car la pandémie n’est que la dernière goutte après la dépréciation du pétrole, les conflits et les guerres civiles en cours, des millions de réfugiés bloqués, des systèmes de santé incapables de répondre aux besoins de la population, le tourisme en baisse, etc. une liste non – exhaustive, bien sûr.

Les projections macro-économiques ne sont malheureusement pas plus optimistes : La COVID n’épargnera aucun pays ou économie, et, sur la base des récentes prévisions du FMI sur le PIB 2020, les pays afficheront la pire performance globale à travers une baisse de 3% au niveau mondial. Certains pays chuteront de 7 à 9%. En Italie par exemple, mon pays, le PIB chutera de plus de 9%.

Cela dit, il devrait y avoir une réponse positive immédiate en 2021, avec une croissance du PIB mondial de 5,8%, avec les pays principalement touchés en 2020 affichant les meilleures performances.

Mais ça c’est l’avenir. Aujourd’hui, plus de 180 pays subissent ce double choc dont on a parlé. Les gouvernements et les régulateurs sont appelés à apporter des réponses sur plusieurs fronts : l’urgence sanitaire bien sûr, mais aussi pour sauvegarder l’économie, protéger l’harmonie sociale et répondre à d’une pauvreté croissante. Le GBM a immédiatement mis en place un programme de réponse aux crises avec des interventions structurelles, soutenant des institutions dans plus de 140 pays. Environ 160 milliards de dollars seront décaissés. En outre, des fonds supplémentaires ont été immédiatement alloués pour une réponse rapide à l’urgence sur des programmes visant à protéger les démunis, les TPME, les segments informels et vulnérables, pour soutenir les familles, les projets de santé publique, les allocations de chômage, les assurances sociales, les transferts monétaires, les subventions, etc.

Paul : Une des conséquences évidentes de cette crise économique profonde et probablement durable est l’impact considérable sur la capacité des débiteurs à respecter les remboursements des prêts, et peut-être un resserrement du crédit avec un impact plus grave pour les secteurs les plus vulnérables. Nous avons vu que de nombreux gouvernements ont mis en place des mesures de report de remboursement des prêts ou des choses similaires. Quel sera l’impact sur les marchés du crédit ?  A quoi pouvons-nous nous attendre ?

Oscar : Le scénario dont vous parlez sera la triste réalité. Comme nous avons tous traversé une crise financière auparavant, en 2008, nous savons que l’une des conséquences les plus inquiétantes est l’incapacité involontaire des emprunteurs, ménages et entreprises, à rembourser leurs dettes, prêts, cartes de crédit, découverts. Prenons par exemple une TPME. Dans la région MENA, 96% des entreprises sont des TPME et elles représentent plus de 50% des emplois. En Afrique, les chiffres sont similaires, comme en Asie et en Amérique latine et aux Caraïbes. La plupart d’entre elles sont totalement informelles (sans structure formelle, sans historique de crédit, états financiers, organigramme, gestion familiale, etc.) et l’accès au crédit est le principal problème auquel elles sont confrontées, en raison de leur opacité, du manque de garanties et surtout du manque d’historique de crédit. Sur la base de l’analyse de l’IFC, même avant le COVID, l’écart entre la demande de financement et l’offre aux TPME dans la région MENA variait entre 165 et 200 milliards de dollars, soit 84% de la demande totale. On ne peut que se demander comment cette situation va se détériorer à cause du COVID ? Que peut-on faire pour que ces emprunteurs ne soient pas pénalisés inutilement ?

Pour apprécier l’ampleur du problème auquel nous sommes confrontés, nous devons analyser des données et des statistiques sur l’activité de certains BIC à travers le monde. Des dizaines de webinaires, d’analyses, et de notes ont été produits ces derniers mois par des agences d’évaluation du crédit comme la vôtre. J’ai personnellement fait une enquête pour comprendre si les fournisseurs d’informations du monde entier avaient constaté une diminution du volume de consultations et comment les statistiques se ressemblaient, après 4 mois de confinement. Les résultats sont explicites et reflètent le chemin qui a marqué d’autres crises :

  • Il y a une diminution globale, générale et systématique des consultations auprès des bureaux d’information sur le crédit dans tous les pays et toutes les régions. Cela est troublant car, comme nous le savons tous, une consultation auprès du BIC est égale a une nouvelle demande de prêt.
  • Plus inquiétant, la baisse oscille entre 20% et 80% selon les pays, les semaines de confinement et les dates
  • On peut en déduire que cette baisse correspond essentiellement au même nombre et / ou volumes de prêts non accordés, non renouvelés, non refinancés, etc. (même si un faible pourcentage physiologique d’entre eux aurait été rejeté même en temps normal).
  • Les statistiques montrent clairement à la fois le nombre de nouveaux prêts accordés et les volumes en cours en baisse.
  • Le problème devient plus aigu au fil des semaines, quand le confinement devient plus strict
  • Tous les secteurs financiers sont affectés : banques, IMF, EF
  • Les typologies de prêts les plus impactées et affichant la plus forte baisse sont celles généralement mises à la disposition des segments les plus vulnérables de la population (prêt-conso, prêts à très court terme, prêts de trésorerie, etc.) qui représentent souvent la survie pours les entreprises ou des ménages
  • Les proportions attendues des créances en souffrance, ainsi que les autres indicateurs clés sont à la hausse en raison de l’impossibilité de rembourser les dettes

Personnellement, je ne pense pas que tout cela va disparaître en 3 à 6 mois. 

Paul : Y aurait-il des conséquences pour les rapports de solvabilité ? Quel est l’impact du non-remboursement généralisé sur l’industrie mondiale du partage d’informations ? Et quelles peuvent en être les conséquences ?

Oscar : Sauf effort concerté des régulateurs, gouvernements et organismes internationaux, pour protéger la qualité et l’exhaustivité du reporting de crédit, la fiabilité des données et donc l’impact bénéfique que les historiques de crédit peuvent avoir sur l’inclusion financière, le contrôle systémique du risque, la diminution des garanties et des coûts d’exploitation peut être gravement détériorée au détriment des emprunteurs actuels et futurs.

Dans cette logique, au cours des derniers mois, nous avons été témoins de différentes réactions des différentes autorités, et je dois dire que dans la plupart des cas, les mesures prises ont sauvegardé l’intégrité des données des BIC. Dans quelques cas, des solutions potentiellement préjudiciables à l’intégrité à l’exhaustivité des rapports de crédit (par exemple, effacer les mauvais payeurs des bases de données ou interdire totalement la mise à jour périodique des comptes des prêteurs aux BIC ou aux registres publics de crédit).

Il est intéressant de noter que l’ICCR [1], présidé par la Banque mondiale et composé par les régulateurs de nombreuses régions, a publié des recommandations très claires en avril (« Traitement des données de crédit dans les systèmes d’information sur le crédit dans le contexte de la pandémie COVID-19 »), qui définit les meilleures pratiques pour préserver l’intégrité des données.

Dans sa note, l’ICCR indique que :

  1. Le traitement incorrect des données de crédit pendant une crise a un impact potentiel sur l’intégrité du système d’information sur le crédit et, en fin de compte, sur les marchés financiers.
  2. Des données non exhaustives et peu fiables réduisent la dépendance des prêteurs à l’égard des rapports de crédit et peuvent entraîner :
  • Un rationnement du crédit,
  • Une augmentation du coût du crédit,
  • Des rejets plus élevés d’emprunteurs
  1. Le COVID -19 affectera la capacité des clients à respecter leurs remboursements, les reléguant au même niveau que les mauvais payeurs.
  2. Par conséquent, les régulateurs et les gouvernements s’inquiètent de la manière dont les données doivent être déclarées dans les systèmes d’évaluation du crédit.
  3. La discussion est donc centrée sur la manière dont les paiements manqués ou retardés devraient être traités par les systèmes de rapport de crédit (BIC et CdR), en particulier sur la question de savoir si les retards de paiement causés par le COVID 19 doivent être signalés, comment et quand.

Paul : Intéressant, oui, j’ai vu les directives de l’ICCR, chez Creditinfo, nous avons rapidement travaillé avec les banques pour fournir des données reflétant les reports ou délais paiement dans nos marchés. Quelles sont alors les lignes directrices à mettre en œuvre pour trouver un juste équilibre entre les meilleures pratiques en matière de crédit et les problèmes créés par la COVID ? Existe-t-il une norme internationale définie ? L’ICCR présidé par la BM propose une solution ?

Oscar : Encore une fois, je suggérerais de revenir au document de l’ICCR. En fait, outre l’analyse de l’impact que l’altération de l’exhaustivité des données peut avoir sur les prêteurs / emprunteurs, sur les pratiques de gestion du risque de crédit et sur le pouvoir prédictif des systèmes de notation, le document suggère également un compromis honorable sur la façon de maintenir les données.

  • Négociation des « périodes de report ou suspensions des remboursements » des prêts entre les prêteurs et les emprunteurs,
  • Partage régulier des données complètes du prêt (y compris négatives, les versements impayés et les données positives) avec le les mesures nécessaires qui protègent les antécédents de crédit des emprunteurs (p. ex. drapeaux, codes, indicateurs),
  • Interprétation et application cohérentes des exigences en matière de communication des données dans toutes les juridictions / secteurs,
  • Procédures adéquates de continuité des activités pour garantir les services aux emprunteurs (y compris les plaintes / litiges),
  • Amélioration de l’accès numérique aux rapports de solvabilité et aux scores gratuits pendant la crise,
  • Renforcement de la capacité des régulateurs à traiter les plaintes et les litiges, en raison de leur probable augmentation
  • Amélioration des programmes sur la sensibilisation des consommateurs et l’éducation financière,
  • Mesures pour assurer un effet minimal / nul sur les scores de crédit des emprunteurs (en raison de rapports négatifs / pas de rapports)

Une enquête récente de la Banque Mondiale réalisée récemment dans 26 pays où les BIC sont présents montre que la grande majorité des régulateurs ont adhéré aux recommandations de l’ICCR, et que dans 85% des pays, les informations sur le crédit sont partagées comme d’habitude avec l’ajout d’un certain type d’indicateur (code ou drapeau) dans environ la moitié de ces pays étudiés, comme indiqué ici.

Tout ce qui précède, à mon avis, représente des mesures raisonnables et appropriées, qui peuvent préserver l’intégrité et la fiabilité des bases de données des BIC et auxquelles je pense que d’autres recommandations pourraient être ajoutées, comme :

  1. Les systèmes de notation des banques devront être constamment surveillés et éventuellement affinés, pour s’assurer que leur pouvoir prédictif se maintient malgré les changements de conjoncture économique.
  2. Les politiques et règles de crédit doivent être revues et adaptées aux conséquences inévitables de la crise, et de nouvelles stratégies commerciales doivent être préparées pour le moment où, dans une phase future, la demande de crédit reviendra à la normale ;
  3. L’industrie de la microfinance doit être soutenue et protégée. Les IMF sont le maillon le plus faible de la chaîne et le secteur le plus vulnérable. Ils prêtent aux clients les plus vulnérables et financent généralement leur propre activité par des prêts bancaires. Les régulateurs doivent veiller à ce que les IMF continuent à recevoir leur financement même dans une situation où de nombreux clients des IMF seront inévitablement incapables de rembourser temporairement leurs prêts.
  4. Dans de nombreux marchés en développement en Afrique, dans la région MENA et dans d’autres régions, les BIC n’ont pas encore été créés. Il va sans dire que les Centrales de Risque gérés par les banques centrales devraient également suivre la même logique et les mêmes directives que celles indiquées par l’ICCR.
  5. Analysez, analysez, analysez. L’information est la base de la compréhension. Les BICs, là où ils opèrent, peuvent fournir aux régulateurs toutes les données nécessaires pour étudier, rechercher et contrôler ce phénomène imprévu. Les données peuvent aider les régulateurs à préparer des analyses fiables pour la direction de la Banque centrale et pour le gouvernement. Ils peuvent également être utilisées pour renforcer les prévisions, définir les mesures réglementaires, faire des projections pour le gouvernement, l’association bancaire, etc.
  6. Nous devons comprendre que le temps des « contrôles rétrospectifs » est terminé. Les nouvelles réglementations internationales (par exemple BÂLE II -III, IFRS9) demandent aux banques centrales de passer d’une logique d’hyperréactivité et contrôle des dommages à celle de la supervision basée sur le risque. Cela ne peut se faire sans l’analyse constante des données granulaires et des outils analytiques avancés.
  7. Évitez d’effacer les mauvais payeurs de la base de données. Ce n’est pas une solution utile car elle gâche la qualité des bases de données, biaise la puissance des scores prédictifs et n’est pas juste pour les bons payeurs. De plus, la suspension de la transmission des données aux agences d’évaluation du crédit aura les mêmes conséquences. Comme mentionné, il existe des moyens de protéger les emprunteurs en difficulté temporaire sans pénaliser leurs historiques de crédit.
  8. Les régulateurs doivent maintenir un contact constant avec le BIC qui est leur principal soutien et allié, et doivent demander des statistiques pour comprendre comment évolue le marché, pour anticiper les problèmes et trouver des solutions communes.
  9. Les fraudes augmentent. Le travail à distance généralisé augmente la possibilité pour les criminels de prendre le contrôle de données qui, auparavant, étaient presque inattaquables. L’urgence augmente la perspective et la probabilité que les données soient piratées. Nous entendons chaque jour de nouveaux cas de vol de données, de contrefaçon, ou d’abus comme les escroqueries de remboursement de taxe COVID-19, les escroqueries par financement participatif, les ventes de faux médicaments, les escroqueries par vente en ligne, les rachats de comptes, le commerce électronique et les escroqueries par e-mail, etc. Nous devons doubler notre attention et soin tout en travaillant à domicile.
  10. Cela m’amène à conclure par un examen des nouvelles données et des nouvelles technologies financières pour faciliter le service des emprunteurs et des clients. L’une des leçons que nous avons tous tirées du COVID, quel que soit notre secteur ou notre secteur, est que les pays et les prêteurs dotés d’un agenda financier numérique avancé ont fait face à l’urgence mieux et plus rapidement, en mettant en œuvre des mesures de réponse rapides : le paiement numérique de subventions en espèces et de cotisations sociales. , autorisant les demandes de prêts en ligne, autorisant les retraits sans carte, ou simplement l’octroi de petits prêts via téléphone mobile.

Paul : Un dernier « insight » ? Une recommandation qui pourrait être utile aux opérateurs du secteur du crédit, aux régulateurs et à toutes les parties prenantes qui opèrent dans le secteur ?

Oscar : Eh bien, je n’oserais pas être si prétentieux de donner des recommandations aux gestionnaires de risques et aux régulateurs qui sont en première ligne de cette crise. Ils savent mieux. Néanmoins, il est peut-être impératif de partager quelques réflexions sur l’importance de la qualité des données.

Quant à la qualité des données, je pense qu’il est important d’avoir un concept clair en tête : la qualité, la véracité, la fiabilité, mais surtout l’exactitude, et l’exhaustivité des informations, est sans aucun doute de la responsabilité des prêteurs / fournisseurs d’informations (banques, IMF, IFNB, fournisseurs de services publics, etc.). Le BIC n’est qu’un collecteur, un notaire. Bien entendu, ces derniers doivent s’assurer, grâce à une technologie sophistiquée, que les données soient nettoyées, purgées, validées et fusionnées. Néanmoins, il est important que les prêteurs comprennent qu’ils ont une énorme responsabilité de fournir des données correctes et complètes, plus que jamais pendant l’urgence. L’exactitude, la qualité, la rapidité, la suffisance, et l’exhaustivité des données font partie des principes fondamentaux de la Banque Mondiale en matière de crédit.

Par exemple, dans de nombreux pays, les lois ad hoc sur les rapports de solvabilité établissent que les prêteurs sont mandatés pour fournir des données complètes aux BIC ; cependant, il arrive souvent que tous les fournisseurs de données ne fournissent pas complètement les données. Il est important de comprendre qu’un BIC est établi pour le bien commun et que même une seule entité financière qui ne se conforme pas à la loi met en péril l’ensemble du secteur, ses pairs et les bons emprunteurs. Les régulateurs doivent vérifier que les fournisseurs de données respectent les lois, les réglementations et les meilleures pratiques, et devraient sanctionner ceux qui ne s’y conforment pas.

Maîtriser le risque systémique d’un pays est à la fois une tâche assez difficile et une énorme responsabilité. Le BIC est le principal outil dont disposent les régulateurs pour y parvenir. Les prêteurs / fournisseurs de données ont toujours, mais particulièrement pendant cette période d’urgence, une responsabilité importante : maintenir la qualité globale des données. Les régulateurs, en revanche, ont la responsabilité de s’assurer que les fournisseurs de données respectent les règles d’engagement.

J’espère que la COVID disparaîtra bientôt. Elle ne sera pas oubliée facilement, et laissera certainement des traces dans notre secteur, introduira des changements durables, nous apprendra des leçons sur l’utilisation des nouvelles technologies, les informations sur la puissance et l’importance des données et outils non-traditionnels. Néanmoins, je suis convaincu que, comme cela s’est produit après d’autres crises majeures, nous allons nous reprendre de cette phase initiale, et continuer. Comme diraient mes ancêtres latins : nulla tenaci invia est via (pour les tenaces, aucune route n’est impraticable). Pas même COVID. Merci pour le chat.

 

 Références ;

[1] International Committee for Credit Reporting:  http://pubdocs.worldbank.org/en/972911586271609158/COVID-19-ICCR-Credit-Reporting-Policy-Recommendations-for-distribution-6346.pdf– 6 avril 2020

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